16 novembre 2008
...Et la lune qui luit.
"Demandez-moi donc si je crois à l'esprit des choses dans la mesure où elles ont servi, et je répondrai oui. Elles sont toutes là. Toutes les choses qui avaient une fonction. Toutes les montagnes qui avaient un nom. Et nous ne pourrons jamais nous en servir sans éprouver un sentiment de gêne. Et d'une façon ou d'une autre, les montagnes ne sonneront jamais justes à nos oreilles ; nous leur donnerons de nouveaux noms, mais les anciens noms sont là, quelque part dans le temps, et ces montagnes ont été modelées et contemplées sous ces noms-là. Les noms que nous donnerons aux canaux, aux montagnes, aux cités glisseront dessus comme l'eau sur les plumes d'un canard;Peu importe la façon dont nous y toucherons, nous ne toucherons jamais Mars. alors ça nous mettra en rage contre cette planète, et savez-vous ce que nous ferons ? Nous la dépècerons, la dépiauterons et la transformerons à notre convenance.
Commentaires
Il est un personnage de Handke qui ne connait le nom d'aucun lieu et qui les évoque (ses lieux de vie par exemple) par la description d'aspect qui lui semble représentatif : "la ville avec un toit vert et une fontaine assèchée", "la montagne avec un rocher brisé", "la rivière au poisson sur la mousse"...
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